Saisir la portee de l'instant ...

Saisir la portee de l'instant ...
Je suis dans le train qui me mène vers une nouvelle aventure.

Je sors de moments passés sans stress aucun, un peu comme si j'étais en vacances, à quelque chose de nouveau où je devrai faire preuve de force et de persévérance face à l'adversité.
Nouvelle aventure aussi avec un lieu de vie partagé au quotidien. Ceci m'excite vraiment. Je reste persuadé que c'est par la présence des autres et par notre intérêt pour eux que nous poursuivons des objectifs. Plus ou moins sains, il va de soit, mais la quête d'un certain bonheur est toujours à privilégier.


Le train est arrêté. Il y a quelque chose sur la voie.

Ce matin, j'ai aperçu une partie de ce que l'on pourrait appeler un jour sans fin. Un jour qui se répèterait à jamais, comme si j'avais été touché par une certaine forme de fatalité. Je dois avouer que ce côté sécuritaire est plaisant et reposant.
Sortant du McCafé, je souhaite une bonne journée à la serveuse. La même serveuse que la veille, l'avant-veille, l'avant avant veille ... Elle me répond avec un beau sourire : « Too, see you tomorrow ».

Le train est reparti.

Comme si j'allais revenir le lendemain, telle une fatalité, une habitude à laquelle il est difficile de remédier. Non, je ne reviendrai pas demain, ni après demain, ni après après demain. Demain, elle remarquera certainement mon absence, peut être après demain puis elle m'oubliera. Je serai passé dans sa vie et sorti aussi rapidement. Ne serait-elle pas là la fatalité de la vie. Avoir peur que les gens vous oublient ?
Quelques minutes plus tard, je croise comme la veille, l'avant-veille ... le même papi poussant son chariot. Il porte toujours le même chapeau. Je le croise au même endroit chaque jour. Chaque jour, je le salue et il me répond en me demandant si je vais bien. Je réponds « fine » en poursuivant ma route. Cet instant ne dure qu'une seconde et pourtant il fait partie de la journée. C'est la marque du fait que nous ne sommes pas seuls, que nous partageons notre vie, tout le temps, à chaque instant et que nous n'avons pas le choix de ce partage. Le seul choix serait de rester chez soi ...

Cet instant, cette seconde, cela pourrait se reproduire pendant une vie entière. Jusqu'au jour où je ne verrais plus mon papi avec son chariot. Jusqu'au jour où je ne me demanderais plus où est passé le papi avec le chariot, le jour où j'aurai oublié qu'il y avait un papi poussant son chariot.
SI je l'avais connu ce papi, peut être qu'il me manquerait aujourd'hui ? C'est peut être pour cette raison que je n'ai pas fait la démarche de la connaître. Comment puis-je le savoir maintenant ...

Je me pose la question de l'instant. Comment faire pour saisir l'instant ? Comment faire pour être en conscience de l'instant et arriver à avoir suffisamment de vivacité d'esprit pour réagir sur le moment.
Combien de fois me suis-je demandé : « mais pourquoi est ce que je n'ai pas dit ceci ou cela ? Pourquoi n'ai-je pas fait ceci ou cela ? Pourquoi ai-je réagi comme je l'ai fait ? »
Suis-je réellement maître de ma vie si je suis incapable de maîtriser l'instant ?

Il fait noir, nous sommes dans un tunnel. Une véritable nuit artificielle. Peut être serons-nous demain quand le train retrouvera la lumière ?

Cet instant, cet instant magique où tu es heureux, où tu sens que tu es à ta place, que tu es au bon endroit, au bon moment, c'est cet instant que tu dois saisir et garder dans ton c½ur à jamais. Cet instant que tu dois te remémorer quand la vie ne te fait pas de cadeau. Cet instant que tu ne dois jamais cesser de rechercher, chaque jour, chaque seconde, à chaque instant ...
# Posté le mardi 11 novembre 2008 18:49

Mon expérience ...

Mon expérience ...
Je suis parti de bon matin, je suis parti sur les chemins ...
Je suis parti, direction liberté.

Je suis parti. J'ai essayé mais je n'ai pas réussi. Pris dans mon esprit de compétition, j'ai oublié d'oublier le temps et je n'ai pas pu me retrouver seul dans l'immensitude de mes pensées.

J'ai marché, marché, avancé vers un objectif que je me faisais tout autre que je ne l'ai réellement perçu. Je n'ai fait que marcher. A raison de dix heures par jour, j'en ai oublié de me poser et de prendre le temps de prendre mon temps.
Je ne pouvais penser en marchant, seule la douleur venait rythmer la cadence de mes pas. La douleur, cette lancinante douleur, toujours présente, plus ou moins virulente mais belle et bien là, à chacun de mes pas.

Une tristesse profonde émane de cette douleur : la sensation destructrice de n'avoir envie de rien, de n'être rien, d'appartenir à un néant dont la seule lumière qui nous guide est la douleur que l'on ressent. Un monde gouverné par le mal, un monde que l'on pourrait appeler enfer ...

De cette douleur, on ne veut qu'une chose, son arrêt. « Messieurs les gendarmes, s'il vous plaît, arrêtez là, elle veut me tuer ». Mais où sont-ils et qui sont-ils ? Qui peut faire en sorte que cela s'arrête ? « S'il vous plaît, aidez moi, je n'en peux plus, j'ai besoin d'aide ».
Pourquoi est ce que personne ne l'arrête ? Mais ai-je réellement demandé de l'aide ?

Mes jambes me brûlent, mes pieds sont écrasés sous le poids, ma peau me tiraille, ma hanche est gonflée, prête à exploser. Je boîte, j'avance tant bien que mal, chaque pas est une victoire mais chaque pas est de plus en plus douloureux.
Je m'arrête. Je repartirai après la sieste. Quelques minutes de répit. Une heure, peut être deux si je m'endors. Je repartirai d'un pas décidé, la journée n'est pas finie. Je dois tenir mon objectif. C'est dans la tête cette douleur, ce n'est pas mon corps qui va m'arrêter, c'est moi qui décide.

Je sens un léger courant d'air me balayer le visage, je m'apaise, je sens mes paupières se fermer, je me sens bien, je me laisse aller à un repos bien mérité ...
Je me réveille, engourdi, la peau purulente, des courbatures dans chacun de mes membres. Et cette hanche qui m'empêche de faire le moindre mouvement ! Je passe plusieurs minutes à chercher le courage de me lever. Enfin trouvé, je fais le nécessaire pour passer à une position verticale. Je n'y arrive pas, je suis incapable de me lever. J'ai mal. J'ai trop mal. La douleur a dépassé mon seuil de tolérance. Je n'en peux plus, je suis exténué. La fatigue cumulée à des nuits perturbées ne me permet pas de relativiser.
Des larmes de douleur ruissellent sur mon visage. Je pleure. Je n'arrive pas à m'arrêter. Avec les forces qui me restent, je me lève avec l'aide de ce que je trouve autour de moi pour m'appuyer. Plié en deux, je range mon camp et repars.
Dans mon esprit, je veux aller au bout. Dans mon corps, j'ai peur de créer des séquelles. Dans mon âme, je ne veux pas être seul. Je ne sais quoi faire pour résoudre cette équation. Ce sont maintenant des larmes de détresse qui coulent. Je suis perdu au milieu de cette forêt. Je suis seul, encerclé par la douleur physique. J'ai la sensation que mon esprit a besoin de lâcher du leste. J'ai la sensation que je suis vraiment allé au bout de cette première expérience.

D'une manière générale, l'expérience ne peut être que positive dans le sens où l'on pourra toujours tirer des enseignements de n'importe quelle situation. Ce besoin d'apprendre, de découvrir est présent dans mes gênes et je ressens profondément le besoin de l'assouvir.
Arriver à profiter de l'instant présent est une nécessité notoire pour l'accession à un certain bonheur. Les objectifs, les plans, les projections dans l'avenir sont des routes conductrices mais il faut à tout moment être capable de réviser ces directions pour être en phase avec soi même. Il faut arriver à ne pas s'enfermer dans un schéma qui ne nous correspond pas ou que nous sommes incapables d'accomplir. Car un objectif doit aussi pouvoir être atteint.

Dans cette expérience, je n'ai pas su écouter mon corps. Je n'ai pas su être raisonnable, je n'ai pas su écouter les gens qui m'ont conseillé. Je pense que j'avais besoin d'échouer. Je n'étais pas prêt à réussir. Dès le premier jour, je me suis mis dans une situation de souffrance et d'échec. Les jours qui ont suivi n'ont fait qu'augmenter ces risques. Je n'ai su à aucun moment me dire que j'en faisais trop, que cette douleur n'était pas normale.
J'ai fui. J'avais peur. Je voulais me retrouver seul face à moi-même mais cette expectative ne doit pas encore être possible dans la situation actuelle des choses. J'avais certainement besoin de cette expérience pour en prendre conscience.

PS : au milieu de nulle part, des nombres qui se suivent tels des jalons kilométriques desquels je n'ai pas su faire abstraction ...
# Posté le lundi 04 août 2008 08:14

Ma première expérience de liberté

Ma première expérience de liberté
J'ai décidé, d'un commun accord avec moi-même, de partir tel un véritable pèlerin de Compostelle, sur les routes et chemins qui me mèneront au gré de mes pas, loin de chez moi.
Equipé d'un sac, d'une tente et de quelques sous, l'expectative de me retrouver sans aucune dépendance matérielle, à l'assaut d'un monde dont j'ignore les mystères me transcende au plus haut point.
J'espère trouver une partie de moi sur cette route, une partie que je ne soupçonne pas encore, une partie qui ne demande qu'à se réveiller, qu'à se révéler à mes yeux, encore embrumés par un passé peu tumultueux.

Marcher pour se déplacer, comme nos ancêtres les plus éloignés. Découvrir une nouvelle notion du temps, la notion humaine du temps. Découvrir les sensations et l'émotion de son propre ressenti dans un environnement entièrement naturel, au plus proche des éléments, sans empreinte écologique.

J'attends de ce véritable « périple », je dirais plus modestement excursion, une connaissance accrue de mon moi profond, une découverte de mes ressources tant physiques que psychologiques et une ouverture vers de nouveaux horizons.

Ce sera pour moi la première véritable expérience de ma « nouvelle vie », celle où je vais enfin sortir des sentiers battus pour me réaliser dans mes propres envies.
Ce sera aussi et surtout l'occasion de me retrouver face à moi-même et de prendre le temps de la réflexion sur ma vie, son but et de ce fait mes futurs projets.

Jusqu'à maintenant, j'ai été dans une phase d'arrêt où j'ai laissé de côté tout ce qui entourait ma vie. Je passe désormais à une phase de départ où je commence à créer tout ce qui fera ma vie. Cette notion de création, de construction est primordiale à mes yeux. Elle est le symbole d'un renouveau, d'une envie préservée, d'une passion qui renaît.

J'espère qu'à la lecture de ces mots, vous vous sentez confortés dans la réalisation de vos projets car si j'écris ces articles, c'est pour communier de la force qui permet à tout un chacun de déplacer des montagnes.

PS : premier livre d'inspiration philosophique que j'ai eu la chance de lire au bon moment, l'incontournable L'alchimiste de Paulo Coelho où le fait d'aller chercher le bonheur au bout du monde alors qu'il se trouve très souvent près de nous ...
# Posté le samedi 12 juillet 2008 10:32

Pourquoi je n'ai pas trouvé un épanouissement dans l'enseignement ?

Pourquoi je n’ai pas trouvé un épanouissement dans l’enseignement ?
Une vie trop établie. Un manque de relations saines et libres. Un manque relationnel tout court. Un manque d'intérêt pour la discipline que j'enseigne. Une démotivation face à la nonchalance de mes élèves. Un mode de vie sans risque. Une perpétuelle routine. Une vision de l'avenir qui ne me fait pas rêver.
Autant de raisons qui me poussent à chercher ailleurs une activité qui me corresponde davantage.

Mes collègues me conseillent de me détacher émotionnellement de l'enseignement que je prodigue à mes élèves. J'en suis incapable. Je suis un passionné. Je ne suis pas sur cette Terre pour m'empêcher de ressentir des émotions. Je suis obligé de m'investir dans ce domaine pour m'épanouir. Je quitte donc ce milieu pour le moment. Je me laisse le temps de vivre de nouvelles expériences, d'augmenter mon ouverture d'esprit, de voir l'avenir comme un projet que mon c½ur et mon esprit imaginent le plus harmonieusement possible.

Mais pourquoi ? J'ai du temps de libre et un confort matériel évident.
Certes, mais je ne peux rester dans une situation où un manque d'honnêteté intellectuelle persiste. En effet, comment dispenser un savoir aux élèves et comment les préparer à la vie active sans avoir une réelle connaissance de cette dernière.
Pourtant, transmettre représente un de mes objectifs de vie, pour ne pas dire, MON objectif de vie et ainsi avoir la sensation de vivre à jamais à travers ce que l'on a transmis ...
Le cadre de l'Education Nationale ne me permet pas pour l'instant de trouver cet équilibre.

Peut être que je reviendrai, peut être que je ne reviendrai jamais, il est encore trop tôt pour le dire. Ce qui est sûr, c'est que je n'aurai jamais à regretter de ne pas avoir pris cette décision. De ne pas vivre pour des raisons de confort, un anticonformisme, un marginalisme que je ressens au plus profond de moi, dans mes tripes, dans mon âme.

J'ai besoin de me trouver face à l'aventure, face à de nouveaux challenges.
J'ai besoin d'être fier de mon passé. Et ce passé, c'est dans le présent qu'on le construit. J'ai trop peur de me retourner et de regretter mes choix, peur de regretter mes non choix. Quand on n'a rien à perdre, on a tout à gagner.

PS : puisque la musique est magique, puisqu'elle a le pouvoir de nous transporter, je vous propose d'écouter Hallelujah de Jeff Buckley, initialement l'½uvre de Léonard Cohen.
# Posté le lundi 02 juin 2008 04:36
Modifié le lundi 02 juin 2008 10:23

Un nouveau départ

Un nouveau départ
Bonjour à ceux qui prendront le temps de lire ce nouveau blog,

Un nouveau départ ? Je change en effet radicalement d'orientation. Je passe du statut d'enseignant à celui d'aventurier de la vie moderne. Je passe d'une vie bien rangée à une vie où demain est un renouveau, à une vie où la sensation de liberté est omniprésente.

Je me sens à l'étroit dans ma vie. Comment trouver un épanouissement quand on sent des parois tout autour de soi. J'ai besoin d'espace, besoin de me lever le matin en ayant la possibilité de partir ...
J'ai besoin de changer de métier, j'ai besoin d'apprendre continuellement, de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux modes de pensée. L'ouverture d'esprit que cela engendre est un enrichissement dont j'ai réellement besoin.

Je ne sais pas réellement vers quoi je cours. Je ne fais qu'écouter ce que mon c½ur me dit et mon envie aussi. Aujourd'hui, tout le monde me demande ce que je ferai demain mais pour l'instant, tous mes projets ne sont pas encore complètement définis avec précision. Ce qui compte réellement à mes yeux est davantage le fait d'avoir la possibilité de faire.

Je suis vraiment dans une démarche qui me permette de profiter de l'instant mais surtout de se poser la question de l'instant. Ce projet de liberté représente une certaine quête philosophique, une certaine recherche de spiritualité.
En effet, le fait de vivre dans une certaine routine a tendance à supprimer cette quête puisque qu'on se « satisfait » de ce que l'on a. L'épanouissement ne passe pas, à mes yeux, par la satisfaction d'une situation matérielle et rationnelle.

Bien entendu, il va de soit que ces paroles ne sont en aucun cas une vérité absolue. Elles ne représentent que MA vérité à l'instant où j'écris ces lignes.
En revanche, si cela peut apporter à chacun une réflexion pouvant amener des améliorations dans sa vie, j'en serai ravi.
En effet, si ce blog existe, c'est uniquement dans le but de transmettre ma vision des choses, partager mes expériences de vie et ainsi apporter à ceux qui le liront une ouverture d'esprit que le monde dans lequel nous évoluons a tendance à diminuer.

Photo : un petit clin d'½il au livre/film Into the Wild de Jon Krakauer/Sean Penn, véritable source d'inspiration à ma vie future.
# Posté le vendredi 30 mai 2008 12:38